Cannes : Aborigènes en voie d’extinction

Autopsie, Vidéosurveillance le 16 mai 2011 2 commentaires

L’alibi cannois, jour 3. Direction l’Australie pour ce troisième papier consacré aux dessous noirs de la Croisette. Avec un film réaliste et politique qui a inspiré notre reporter.

De notre envoyée spéciale, Pamela Pianezza (@thelostfilms)

Daniel est un gamin des rues, même si dans sa réserve aborigène, il n’y a pas de rues. Juste des baraques miteuses, des terrains vagues, et une école où il ne met plus les pieds. A la place, il entraine son petit corps frêle à boxer. Une passion visiblement héréditaire : avant de devenir une loque humaine imbibée de mauvais alcool, son père était un dieu du ring. Depuis que Daniel a intégré le mini gang des dealers de shit du coin – ses parents de substitution – c’est lui qu’on appelle « champion ». Quand il sera grand, il deviendra gangster.

Sur le fond, TOOMELAH, de l’Australien Ivan Sen, est sans aucun doute essentiel et le simple  fait que ce témoignage utilement alarmiste sur l’extinction d’une communauté – les Gamilaroi – atteigne la Croisette est un événement en soi. Sur la forme en revanche, Ivan Sen s’est peut-être trompé de genre en choisissant le mode fictionnel. Sa photographie rêche, ses longs travelling sur des paysages désolants, ses gros plans de visages bouffis par la pauvreté, les drogues et l’ennui ou encore les passages éclairs et paresseux de deux policiers blancs – rappel qu’il existe bien des pouvoirs publics censés veiller sur ces habitants  – suffisent à traduire les douleurs de ces oubliés du système. L’intrigue – la rivalité entre les bad guys « historiques » et un nouveau venu, semble presque anecdotique comparée à la force du propos politique.

Documentariste multi-primé, Ivan Sen aurait peut être gagné  en puissance en demeurant dans le champ de son domaine de prédilection. Malgré cela son film agrippe le spectateur jusqu’au dernier plan, notamment  grâce à la présence magnétique et quasiment mutique d’un acteur de dix ans, Daniel Conners. Indispensable donc, malgré toutes ses faiblesses.

P.Pz

 

 

La bande-annonce de TOOMELAH :

Suivez notre reporter sur Twitter et sur son blog cinéma The Lost Film Critic.

Si vous avez manqué le début :

Jour 1, « There will be blood »

Jour 2, « Vous avez demandé la Polisse ? »

 

 

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2 réponses à “Cannes : Aborigènes en voie d’extinction”

  1. [...] Jour 3, « Aborigènes en voie d’extinction » [...]

  2. [...] Dans une réserve aborigène dévastée par le chômage et l’alcool, un gamin des rues rêve de devenir dealer. Un film bouleversant, d’une précision documentaire. (Vu au Festival de Cannes 2011 et sur Alibi) [...]

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